En bref
Le dimensionnement se fait en trois temps : additionner la puissance de tous les modules prévus sur la ligne, ajouter une marge d’au moins 20 % pour l’évolution et pour ne pas faire travailler le driver à pleine charge en continu, puis vérifier que le modèle retenu couvre ce total. Sur les lignes longues ou très chargées, il faut aussi tenir compte de la chute de tension et parfois prévoir plusieurs points d’injection.
Additionner, puis majorer
- Lister tous les modules prévus sur la ligne et relever la puissance de chacun sur sa fiche technique.
- Faire la somme : c’est la puissance appelée en fonctionnement.
- Ajouter une marge d’au moins 20 %, davantage si des ajouts sont envisagés.
- Choisir un driver dont la puissance nominale couvre ce total majoré.
- Vérifier la tension de sortie : un rail 48V demande un driver 48V, pas un modèle d’une autre tension.
Exemple : huit spots de 6 W et deux modules linéaires de 12 W donnent 48 + 24 = 72 W. Majorés de 20 %, cela fait environ 86 W : on retient un driver d’au moins 90 à 100 W. Faire fonctionner un driver de 75 W à sa limite stricte réduit sa durée de vie et laisse zéro marge pour un ajout ultérieur.
Chute de tension sur les lignes longues
En basse tension continue, la chute de tension le long du conducteur n’est pas négligeable : sur une ligne longue fortement chargée, les modules situés à l’extrémité reçoivent moins que ceux placés près de l’alimentation. Le symptôme typique est une différence d’intensité lumineuse visible entre les deux bouts du rail.
Deux réponses existent : alimenter la ligne en un point central plutôt qu’à une extrémité, ce qui divise par deux la longueur parcourue ; ou prévoir plusieurs points d’injection sur les lignes importantes. Les préconisations de longueur et de charge figurent dans la documentation du fabricant jointe aux fiches produit.
Où loger le driver
- Dans un volume ventilé : un driver confiné dans un caisson étanche chauffe et vieillit prématurément.
- À un endroit accessible : c’est la pièce la plus susceptible d’être remplacée au cours de la vie de l’installation.
- À distance raisonnable du rail, selon les préconisations du fabricant sur la longueur de câble en sortie.
- Jamais dans une zone humide non prévue pour cela : salle de bains, extérieur, local non protégé.
- En notant son emplacement : dans cinq ans, personne ne se souviendra derrière quelle trappe il se trouve.
Variation et compatibilité
Si la ligne doit être variable, c’est le driver qui porte cette fonction, et le type de variation qu’il accepte — TRIAC, 0-10V, DALI selon les modèles — détermine le variateur à installer. Un variateur mural prévu pour l’incandescent ne pilotera pas correctement un driver qui attend un autre protocole.
Les fiches produit du catalogue indiquent le driver associé à chaque référence et ses caractéristiques, telles que fournies par le fabricant. La famille technique du catalogue regroupe par ailleurs les alimentations proposées.
Questions fréquentes
Que se passe-t-il si le driver est sous-dimensionné ?
Le système peut se mettre en sécurité, clignoter, ou fonctionner en surcharge permanente avec une durée de vie fortement réduite. C’est la panne la plus courante sur les installations mal calculées.
Peut-on utiliser deux drivers sur un même rail ?
Sur les lignes longues, plusieurs points d’injection sont parfois prévus par le fabricant. Cela doit suivre ses préconisations : brancher deux drivers en parallèle sans précaution n’est pas une solution improvisable.
Quelle marge faut-il prévoir ?
Vingt pour cent constituent un minimum. Si des modules supplémentaires sont probables, calculez directement sur la configuration maximale envisagée.
Le driver est-il inclus avec le rail ?
Cela dépend de la référence : la ligne « driver » de chaque fiche précise s’il est inclus et avec quelles caractéristiques. Les alimentations vendues séparément figurent dans la famille technique du catalogue.