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Étude de projet · Marrakech

Restaurant à Marrakech : intimité sous une verrière

Étude de cas : éclairage d'un restaurant marrakchi de 70 couverts installé sous verrière, entre contrainte solaire diurne et intimité nocturne.

Salle de restaurant marrakchie sous verrière, tables éclairées individuellement dans une pénombre chaude
Localisation
Marrakech
Type
Restaurant
Style
Contemporain marocain
Architecte
Architecte d'intérieur, Marrakech
Décoration
Scénographie lumière : concepteur indépendant
Fourniture
Pièces sur mesure : ateliers de dinanderie de la médina

La problématique

Un restaurant de 70 couverts installé sous une verrière de patio couvert. En journée, l'apport solaire écrase tout éclairage artificiel et surchauffe la salle ; le soir, la verrière devient un miroir noir qui renvoie le moindre point lumineux, et la salle paraît vide dès qu'elle n'est pas complète.

La solution d'éclairage

  • Voile textile tendu sous la verrière, filtrant le direct et servant de surface de rebond en soirée.
  • Éclairage par table : faisceaux étroits 24° descendant du gril technique, un point par table, orienté à 15° de la verticale.
  • Aucune source visible dans l'axe de la verrière, tous les projecteurs équipés de nids d'abeille anti-éblouissement.
  • Lanternes en métal découpé sur mesure sur les murs périphériques, sources claires filament pour projeter des motifs.
  • Trois scènes de service : midi, soir, nettoyage.
  • Bar traité en contraste : accentuation des bouteilles et lavage du mur d'arrière-bar.

Produits utilisés

  • Projecteurs sur rail 12 W, 2 400 K, IRC 95, R9 > 60, faisceau 24° avec nid d'abeille
  • Lanternes en laiton découpé, fabrication locale, source E14 filament claire 2 200 K
  • Profilé de lavage d'arrière-bar 2 400 K
  • Contrôleur trois scènes avec horloge

La verrière, atout et piège

Une verrière est un cadeau en journée et un problème le soir : elle se comporte alors comme un miroir noir. Tout luminaire suspendu s'y reflète en double, et le regard des convives est constamment attiré vers ces reflets. La règle appliquée ici a été simple : aucune source ne doit être visible depuis une assise, ni directement, ni par réflexion. Cela a imposé des projecteurs en retrait, équipés de nids d'abeille, et l'abandon des suspensions décoratives centrales initialement envisagées.

Une table, un faisceau

Le principe structurant du projet est l'îlot : chaque table reçoit son propre faisceau, réglé à 180 lux sur la nappe, tandis que la salle reste à 40 lux. Ce rapport de 4 à 1 produit l'intimité recherchée et donne l'impression d'une salle animée même à moitié pleine. L'inclinaison de 15° évite que le faisceau ne tombe verticalement sur le crâne des convives, ce qui creuse les orbites et vieillit les visages de dix ans.

L'artisanat comme signature

Les lanternes en laiton découpé ont été dessinées puis fabriquées dans la médina. Elles n'apportent presque rien en éclairement — moins de 5 % du flux total — mais elles produisent l'essentiel de l'identité du lieu, en projetant sur les murs des motifs nets. La condition technique était non négociable : source claire et ponctuelle, jamais opale, faute de quoi les motifs disparaissent.

Le résultat

En service du soir, la salle fonctionne à 40 lux moyens avec 180 lux sur les tables : chaque table forme un îlot autonome. L'effet de vide en début de service a disparu. Le voile textile a fait baisser la température perçue en salle au déjeuner et a supprimé les taches solaires sur les tables du centre.

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